La Malerune, saga - Pierre Grimbert, Michel Robert

Publié le par K.N.L.

La Malerune, saga - Pierre Grimbert, Michel Robert

Attention, critique à prendre avec des pincettes. Je reste respectueux du travail accompli par les auteurs, même si là, ça ne passe pas.

L'éditeur grand format est Mnémos (page ici) et du petit, Le Livre de poche ().

L'intrigue :

Deux runes magiques garantissent l'équilibre du Troisième monde : la Belle Arcane est cachée alors que la Malerune est détenue par les Maûnes ("les méchants") qui exploitent son pouvoir dans leur monde parallèle, qui va alors prendre le pas sur une autre dimension, celle des Eldes ("les gentils"). Pour remédier à ça, des aventuriers sont en quête de la rune bénéfique : Zétide le sorcier et Hogo le lycante (loup-garou). La saga de La Malerune commence le jour où ces deux compagnons vont se rendre au château de leur ami disparu, Éras de Garamont, et vont rencontrer ses filles, Lucia la guerrière-chasseresse, et Ariale, sa cadette. La compagnie va alors s'allier pour partir en quête de la Belle Arcane et sauver les mondes.

Mon avis :

Cette saga a sans doute été la plus grosse déception en Fantasy que j'ai pu avoir jusque-là. En fait, j'ai rarement, voire jamais, été énervé par une lecture, et ce, tout du long. J'aurais pu m'arrêter certes, mais j'étais trop intrigué par mon propre assentiment. Je m'énervais contre la saga et ses auteurs, sans savoir pourquoi... Finalement, j'ai réalisé que je leur en voulais pour ne pas avoir su mettre en avant le potentiel qu'aurait pu avoir La Malerune.

Déjà, je ne savais pas à quoi m'attendre comme je voulais découvrir le style de Grimbert, donc c'est avec une grande curiosité que j'avais commencé la saga. Il faut dire qu'on m'avait vendu Le secret de Ji avec beaucoup d’enthousiasme, donc autant commencer avec ce que j'avais sous la main. Je me suis vite rendu compte que les idées étaient originales (un bon point !), mais ça n'est pas parce qu'on a pris les meilleurs ingrédients que notre soufflé ne va pas tomber. Là, il s'est étalé comme une crêpe.

Les personnages quant à eux, sont des stéréotypes du genre : la chasseresse au caractère bien trempé, le vieux mage loufoque, le parfait guerrier lycante et la jeune fille au grand potentiel magique. Voilà, tous les stéréotypes sont réunis. Mais après tout, pourquoi pas ? Comme je suis super sympa et ouvert, je veux bien accepter ces caractéristiques.

Arrive ensuite la Quête : réunir différentes runes dispersées çà et là, pour recréer LA rune qui arrangerait tout. On pourrait donc voir le potentiel ici : des enquêtes et des voyages pour les découvrir les unes après les autres. Mais non. Le père des filles Garamont, Éras, y travaille depuis des années. Très peu, voire pas, de nouvelles de lui, jusqu'au moment où il annonce au mage quoi faire, où aller, et surtout, où se trouvent les runes. AUCUNE enquête donc. Les voyages ? Oui, mais pas toujours intéressants et bien souvent trop longs. Quand ce sont des descriptions de paysages et de conditions, j'accepte. Sauf que... Les dalles téléportatives feront leur entrée et casseront tout l'équilibre des voyages.

Sinon, le tome 1 était le tome d'exposition et de début d'aventures, il était donc plus qu'intéressant. Il nous a présenté un monde avec du potentiel, bancal et léger, certes, mais de quoi développer et créer une atmosphère sympathique. Il faut dire que le premier tome était écrit par Pierre Grimbert, alors que les deux autres ont été repris par Michel Robert. Malheureusement, ça se sent...
Le deuxième tome commençait à avoir quelques soucis : il est un peu plus bancal que le premier, trop facile et tellement prévisible ; et SURTOUT, mon édition était pleine de fautes. Au final, en plus de mon marque-page, un crayon était toujours à portée de main pour faire les corrections.
Et enfin, nous arrivons au dernier tome. Déjà faut-il pouvoir entrer dans ce livre. Je n'ai jamais eu autant de mal à avancer et encore moins à en finir un. On ne se prend pas au jeu, l'intrigue est inintéressante, encore plus facile que les tomes précédents. (Tout ce que je pouvais lire d'autre en même temps, je le prenais, alors que j'ai horreur lire plusieurs choses à la fois.) Les réactions des personnages ne sont même plus logiques, des fois ridicules, des fois carrément énervantes. (SPOILER/exemple : une fille est enlevée, le père retrouve l'autre et sa réaction ? Arrêtons de penser à ta soeur un moment, je suis tellement heureux de te retrouver ! QUOI ?!)

Il y a finalement très peu de suspense ("très peu" étant plus optimiste que "aucun"), les auteurs prennent très peu de risques... Comme je le disais plus haut, les personnages aussi sont assez simples, leur psychologie est bâclée, elle ne tient pas la route. On entrevoit un peu de développement pour finalement ne plus rien y avoir. Trop d'événements se succèdent pour très peu de développement et aucune utilité bien souvent.

La fin du dernier tome rattrape un peu ce dernier, parce qu'il se concentre sur un personnage, et commence à boucler la fin. C'est largement plus acceptable que le reste, même si là encore, la fin n'est pas surprenante pour un sou...

En bref, les personnages ne sont jamais en danger, il n'y a aucun suspense et tout le potentiel du premier tome a fané petit à petit.

Non.

Par respect pour le travail des auteurs, malgré tout :

11/20

P.-S. : Les termes "Malerune", "Entropia" et la révélation de fin... Trois points importants que l'on retrouve également dans la saga Autre-Monde de Chattam. Inspiration de ce dernier ? Hommage ? Reprises fortuites ?

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