Warbreaker, Brandon Sanderson

Publié le

Warbreaker, Brandon Sanderson

Alors voilà un gros morceau auquel je m'attelle. Enfin par "gros", j'entends Brandon Sanderson. Après avoir lu sa saga hors-du-commun-tellement-elle-est-merveilleusement-bien-travaillée Fils-des-Brumes, je voulais absolument lire ce one shot, appelé Warbreaker. En France, il a été publié chez Orbit (voici le lien de sa page) et chez Tor Books à l'internationale.

Cette fois, je parlerai de la version française de l'ouvrage.

L'intrigue :

Avant de faire mon possible pour la résumer (et ça s'annonce mal), il faut expliquer l'essence même du roman (ce qui ne sera pas plus facile !).

Sanderson a créé un monde qui tourne autour des couleurs et du pouvoir de les utiliser... Chaque personne détiendrait un Souffle (apparenté à l'âme), alors que certaines les collectionnent et les utilisent alors pour insuffler de la vie à des objets inanimés. Or, pour les collectionner, il faut déjà les retirer à ceux qui les détiennent. Mais pour ce faire, il faut que la personne vous le donne. Et donc, soit on vous paiera pour cet abandon, soit vous le donnerez de votre propre chef. Une fois que vous perdez votre Souffle, vous devenez un Morne, un sans-couleur. Si vous faites partie de ceux qui en auront plus qu'un, vous serez un Éveillé, celui qui a le pouvoir d'éveiller les objets à condition de projeter un certain nombre de souffles dans ledit objet.

Hallandren est la capitale sur-colorée de ce royaume, gouvernée par le Roi-Dieu, qui rassemble un nombre phénoménal de Souffles. Il y a également des Dieux, des rappelés (de la mort) qui reçoivent chaque semaine un Souffle, afin de pouvoir survivre.

Enfin, il y a la cité rebelle qui abhorre les couleurs, Idris, dirigée par la lignée royale. Vingt ans avant le début de l'histoire, il avait été décidé que le roi idriens enverrait son âinée épouser le Roi-Dieu et lui donner un héritier.

C'est extrêmement compliqué de rester clair, et même si Sanderson y parvient, c'est surtout à force d'obstination et d'avancée dans le livre que l'on arrive à tout assimiler.

Les personnages principaux sont deux sœurs, deux princesses du royaume d'Idris : Vivenna et Siri, opposées en tout point. La première est l'aînée d'une fratrie de quatre, très conservatrice, et est le stéréotype de l'idrienne pure. Elle déteste autant les couleurs que les démonstrations de ses sentiments et ça se voit dans ses cheveux qu'elle contrôle parfaitement (qui est un pouvoir inné de la lignée royale); en même temps, elle a été éduquée dans ce sens. Siri, au contraire, est la petite dernière dont personne n'a vraiment pris la peine de se soucier. Elle est donc le reflet de ce manque d'attention : l'opposée d'une idrienne. Ses cheveux changent de couleur au gré de ses états d'esprit, elle fuit dans la nature aussi souvent que possible et est, au final, une mauvaise élève.

L'intrigue commence le jour où le roi idrien prend une décision surprenante : garder auprès de lui son aînée qui a été préparée depuis toujours à épouser le Roi-Dieu et lui substituer sa plus jeune sœur, qui a toujours été la plus "frivole", pour finalement préserver celle qui prendra sa succession. Et cette décision va mettre en marche une machine qui surpasserait tout le monde.

Tentative d'explication terminée.

Mon avis :

Personnellement, je n'avais pas peur une seconde en commençant la lecture de Warbreaker, j'étais même très excité. Mais ça, je le devais surtout à ma confiance inébranlable envers Brandon Sanderson.

Encore une fois, dans un genre où les mêmes schémas sont constamment réchauffés, il a su proposer de nouvelles idées, les mettre au service d'une intrigue mêlant politique et religion et ce, avec brio.

L'intrigue se tient, le style est fluide et les chapitres sont courts. Warbreaker est un bon page-turner.

Il est vrai que toute la mythologie tournant autour des Souffles, du BioChroma, de l'Éveil est vraiment compliquée à assimiler au début, mais une fois que c'est fait, tout coule de source, voire un peu trop. Ces bases sont extrêmement complexes et quand on démêle finalement ces nœuds, l'intrigue se révèle plus... fluide, plus légère, moins... épique.

Une chose à savoir avec Sanderson, c'est que les choses ne sont jamais ce qu'elles semblent être. Un personnage est rapidement présenté comme un monstre par ses contemporains ? Alors il sera aussi doux qu'un agneau. Un agneau se présente et vous aide, version deus ex machina ? Alors, faites attention. Mais ça fonctionne, ça passe et on en veut toujours plus.

Warbreaker n'est évidemment pas comparable à Fils-des-Brumes, sauf peut-être en le présentant comme une version condensée et diluée dans du lait. (Du bon lait, doux et fluide !)

Ce roman est un bon roman, une bonne entrée en matière dans l'imaginaire de Sanderson. Il vous habituera à son style et vous préparera à un chef-d'oeuvre (j'exagère, moi ?) comme Fils-des-Brumes. Même si ma critique semble mitigée, mon avis final reste plus que positif !

L'édition :

Physiquement, j'aime beaucoup le livre. La couverture correspond à l'histoire. Elle est dynamique, du titre aux formes abstraites en fond, même la représentation de l'une des princesses (je ne dirai pas qui, économisons donc quelques révélations) est superbe : force, détermination, rage, attaque (ou défense ?) ; tout est symbolisé ici.

La police permet une lecture facile et fluide, mais mon point noir serait l'épaisseur du bouquin. Des pages plus fines ou une écriture légèrement plus petite auraient permis d'alléger l'ouvrage et faciliter sa prise en main. De plus, le résumé est on ne peut plus simple pour une telle complexité de fond. Cependant, ça reste une belle publication.

16/20

Publié dans Divertissement

Commenter cet article